
Avec un salaire de 2 500 € net par mois, votre indemnité journalière de maladie en Belgique dépend de votre rémunération brute de référence, de votre statut professionnel et de la durée de votre incapacité. La mutualité verse en principe 60 % du salaire journalier brut plafonné pendant la première année, mais ce pourcentage ne s’applique pas directement à vos 2 500 € net.
Si vous êtes employé sous contrat à durée indéterminée, vous bénéficiez normalement de votre rémunération garantie pendant les 30 premiers jours d’incapacité. À partir du 31e jour, votre mutualité prend le relais. Le fonctionnement est différent pour les ouvriers et certains contrats courts.
Avant une opération, il est donc essentiel de calculer séparément vos revenus du premier mois, ceux des mois suivants et les éventuels compléments prévus par votre employeur. Une simulation fondée sur votre salaire brut permettra d’anticiper votre budget de convalescence sans confondre indemnité brute et somme réellement reçue sur votre compte.
Votre arrêt maladie avec 2 500 € net : l’essentiel
- Première année : l’indemnité légale correspond en principe à 60 % du salaire journalier brut de référence, sous réserve des plafonds et minima.
- Premier mois : un employé en CDI reçoit normalement 100 % de sa rémunération habituelle à charge de l’employeur pendant les 30 premiers jours.
- Après un an : l’indemnité d’invalidité dépend notamment de la situation familiale, avec des taux de 65 %, 55 % ou 40 %.
- Comment sont calculées vos indemnités journalières : la formule exacte décodée
- Pourquoi ne toucherez-vous peut-être rien (ou moins) les premiers jours de votre arrêt ?
- Indemnité de la mutualité + complément employeur : combien toucherez-vous au total ?
- Les erreurs sur votre arrêt maladie qui font baisser ou suspendre vos indemnités
- Pendant combien de temps maximum pouvez-vous percevoir des indemnités journalières ?
- Quels sont vos droits exacts pendant les 90 premiers jours d’arrêt maladie ?
- Combien d’euros par mois perdez-vous réellement avec la mutualité seule ?
- Comment faire reconnaître votre invalidité pour toucher une rente dans la durée ?
Comment sont calculées vos indemnités journalières : la formule exacte décodée
En Belgique, pendant la première année d’incapacité de travail, votre indemnité journalière représente en principe taux légal de l’indemnité journalière en incapacité primaire de 60 % de votre salaire journalier brut de référence, dans la limite du plafond légal. Avec 2 500 € net mensuels, aucun montant journalier exact ne peut être garanti sans connaître votre rémunération brute retenue par la mutualité et la date de début de votre incapacité.
La formule de base est :
Indemnité journalière brute = 60 % × salaire journalier brut de référence plafonné.
La mutualité retient le salaire journalier brut déterminé selon les règles légales, notamment celui du dernier jour du deuxième trimestre civil précédant le trimestre de début de l’incapacité ou le dernier salaire journalier brut applicable. Cette référence peut différer de votre salaire actuel.
Le calcul de l’indemnité d’incapacité de travail selon l’INAMI précise que les paiements sont établis sur six jours indemnisables par semaine, du lundi au samedi. Le dimanche n’entre pas dans ce décompte.
60 %
Taux légal de base pendant la première année d’incapacité primaire pour un salarié, appliqué au salaire journalier brut de référence et soumis aux limites légales.
INAMI — calcul des indemnités des salariés et des chômeurs.
Pour une incapacité commencée à partir du 1er janvier 2024, le plafond salarial journalier applicable à l’incapacité primaire est de 189,3583 € bruts à compter du 1er septembre 2026. Il s’agit bien du plafond de salaire servant au calcul et non d’une indemnité déjà calculée.
Sur cette base, le montant brut maximal théorique correspondant à 60 % du plafond est d’environ 113,61 € par jour indemnisable. Ce maximum ne signifie pas qu’un salarié gagnant 2 500 € net le percevra : son salaire brut de référence peut être inférieur au plafond.
Les plafonds salariaux journaliers publiés par l’INAMI varient également selon la date de début de l’incapacité et la période d’indemnisation.
Voici une simulation strictement hypothétique pour comprendre la méthode. Supposons que votre mutualité retienne un salaire journalier brut de référence de 150 €. Votre indemnité primaire théorique serait de 90 € bruts par jour indemnisable. Pour un mois comportant 26 jours indemnisables, cela représenterait 2 340 € bruts, avant les retenues applicables.
Cette simulation n’est pas une conversion de 2 500 € net en salaire brut. Il faut vérifier sur votre fiche de paie et auprès de la mutualité quelle rémunération est effectivement prise en compte, notamment en présence de primes, de changements contractuels ou d’une évolution récente du salaire.
Le résultat constitue votre point de départ. Pour connaître les sommes effectivement reçues pendant votre opération et votre convalescence, il faut ensuite déterminer quand l’employeur cesse de payer votre rémunération garantie.
Pourquoi ne toucherez-vous peut-être rien (ou moins) les premiers jours de votre arrêt ?
En Belgique, il n’existe pas de délai de carence général de trois jours applicable aux salariés comme en France. Lorsque vous remplissez les conditions du salaire garanti, votre employeur vous rémunère dès le début de l’incapacité. Vous pouvez donc ne recevoir aucune indemnité distincte de la mutualité pendant les premiers jours tout en continuant à percevoir votre salaire.
La distinction essentielle porte sur votre statut et votre contrat. Un employé en CDI bénéficie normalement de 100 % de sa rémunération à charge de l’employeur pendant les 30 premiers jours calendrier d’incapacité. Certains contrats courts et les ouvriers suivent un régime différent.
Les règles du SPF Emploi sur la rémunération garantie en cas de maladie permettent de distinguer ces situations.
| Période | Employé en CDI ou contrat d’au moins trois mois | Ouvrier remplissant les conditions d’ancienneté |
|---|---|---|
| Jours 1 à 7 | 100 % de la rémunération à charge de l’employeur | 100 % de la rémunération à charge de l’employeur |
| Jours 8 à 14 | 100 % à charge de l’employeur | 85,88 % à charge de l’employeur |
| Jours 15 à 30 | 100 % à charge de l’employeur | Intervention combinée de l’employeur et de l’assurance maladie-invalidité, selon les règles applicables |
| À partir du jour 31 | Indemnisation par la mutualité, si les conditions sont remplies | Indemnisation par la mutualité, si les conditions sont remplies |
Pour un employé engagé pour moins de trois mois, les règles peuvent se rapprocher de celles des ouvriers : les jours 1 à 7 sont rémunérés à 100 %, les jours 8 à 14 à 86,93 %, puis un régime combinant employeur et assurance maladie-invalidité s’applique jusqu’au trentième jour. Le droit au salaire garanti dépend alors notamment de l’ancienneté.
Un indépendant ne doit pas utiliser cette grille : ses indemnités reposent sur un autre régime, avec ses propres conditions d’ouverture du droit et de durée minimale d’incapacité.
Pour un salarié, le principal risque de ne rien recevoir tient souvent à l’absence de droit au salaire garanti, à un certificat non conforme, à une déclaration hors délai ou à une incapacité non reconnue. Vérifiez séparément les obligations envers l’employeur et celles envers la mutualité.
Une fois le calendrier des paiements établi, la question suivante est de savoir si une couverture complémentaire peut compenser la baisse de revenu après le passage à la mutualité.
Indemnité de la mutualité + complément employeur : combien toucherez-vous au total ?
Votre revenu total pendant un arrêt maladie peut combiner l’indemnité légale de la mutualité et un complément financé par votre employeur ou une assurance collective. Cependant, ce complément n’est pas automatique. Avec 2 500 € net de salaire habituel, le montant final dépend de votre contrat, de votre secteur, du mode de calcul du complément et des retenues applicables.
La première distinction concerne le salaire garanti légal et le complément conventionnel. Le salaire garanti couvre la période définie par le droit du travail. Un dispositif complémentaire peut ensuite prendre le relais, sous réserve des conditions prévues.
Pour vérifier vos droits, recherchez le numéro de votre commission paritaire sur votre fiche de salaire et demandez au service RH les dispositions de la convention collective de travail (CCT), du règlement de travail et des éventuelles assurances de groupe.
Une garantie complémentaire peut prévoir un pourcentage du revenu, un montant forfaitaire ou un plafond. Certaines garanties prennent en considération les indemnités légales déjà perçues. Vous ne pouvez donc pas systématiquement additionner le montant annoncé par une assurance et l’indemnité de mutualité.
Simulation hypothétique : salaire habituel de 2 500 € net
Supposons un employé en CDI dont le salaire habituel est de 2 500 € net et dont la mutualité retient une indemnité théorique de 90 € bruts par jour. Pour un mois de 26 jours indemnisables, les indemnités atteindraient 2 340 € bruts.
Supposons également qu’un dispositif complémentaire verse 200 € net pour ce mois, après application de ses conditions. Le revenu disponible total correspondrait alors à l’indemnité nette réellement versée par la mutualité, augmentée de ces 200 €. Sans connaître les retenues sur les 2 340 € bruts, aucun total net fiable ne peut être annoncé.
Pour construire votre simulation, demandez deux estimations distinctes : l’indemnité nette prévisionnelle à la mutualité et le complément net attendu au service RH ou à l’assureur. Vérifiez leur durée, les dates de paiement et les situations entraînant leur interruption.
Si votre employeur annonce une garantie de revenu, faites préciser si elle vise le salaire brut ou net, et si elle couvre aussi les primes et avantages. La réponse peut modifier sensiblement votre budget pendant une convalescence longue.
Même avec un complément avantageux, le versement reste conditionné au respect des obligations administratives. Une erreur de déclaration peut compromettre une prévision financière autrement correcte.
Les erreurs sur votre arrêt maladie qui font baisser ou suspendre vos indemnités
Les erreurs les plus risquées concernent les certificats transmis trop tard, les rendez-vous médicaux manqués, les informations administratives incomplètes et les activités non autorisées pendant l’incapacité. Une déclaration tardive à la mutualité peut notamment entraîner une réduction de 10 % sur les indemnités dues pendant la période concernée, sous réserve des exceptions prévues par l’INAMI.
Le délai de déclaration de votre incapacité à la mutualité varie selon votre situation professionnelle. Pour un salarié, les délais généraux sont les suivants :
- Ouvrier : 14 jours civils, premier jour d’incapacité inclus.
- Employé : 28 jours civils, premier jour d’incapacité inclus.
- Chômeur : 7 jours civils, premier jour d’incapacité non compris.
Ces délais ne doivent pas être confondus avec l’obligation de prévenir l’employeur et de lui remettre un certificat lorsque celui-ci est exigé. Le délai applicable à l’entreprise peut être nettement plus court.
Le jour limite de déclaration à la mutualité peut être reporté au jour ouvrable suivant s’il tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié légal. En cas d’hospitalisation, des dispositions particulières existent. Depuis le 1er janvier 2026, le médecin généraliste doit transmettre électroniquement à la mutualité les certificats correspondant à une incapacité de plus de 14 jours et les prolongations concernées.
Une déclaration tardive peut entraîner une diminution de 10 % du montant journalier dû, pour les jours de la période définie par les règles de l’INAMI. Il ne s’agit pas d’une pénalité qui augmente mécaniquement de dix points à chaque nouveau jour. La mutualité peut décider de ne pas appliquer la réduction dans certaines situations prévues par la réglementation.
Une autre erreur consiste à ignorer une convocation médicale. L’employeur peut demander un contrôle par un médecin-contrôleur, tandis que la mutualité organise ses propres évaluations de l’incapacité. Les conséquences d’une absence dépendent du type de contrôle et des circonstances. Une hospitalisation, un rendez-vous médical ou un autre motif légitime doivent être signalés et documentés.
Vous pouvez également mettre vos droits en difficulté si vous reprenez une activité professionnelle sans respecter les démarches requises, ou si vous partez à l’étranger sans vérifier préalablement les conditions applicables à votre situation. Une activité bénévole n’entraîne pas automatiquement la perte des indemnités, mais sa compatibilité avec l’incapacité et les règles de la mutualité doivent être vérifiées.
Votre checklist avant l’opération : 5 vérifications
- Confirmez votre statut, votre type de contrat et votre commission paritaire : conservez une copie de votre contrat et de votre dernière fiche de salaire.
- Demandez à votre employeur comment signaler l’absence et transmettre le certificat : notez la procédure et son délai dans votre calendrier.
- Faites établir le certificat d’incapacité par votre médecin et vérifiez sa transmission à la mutualité : conservez une copie et une preuve d’envoi ou de dépôt.
- Consultez les notifications et convocations médicales pendant la convalescence : conservez les confirmations des rendez-vous et les justificatifs d’empêchement.
- Avant un déplacement important ou une reprise d’activité, demandez à la mutualité quelles formalités s’appliquent : gardez une trace écrite de sa réponse.
Si une déclaration a déjà été envoyée tardivement, contactez immédiatement la mutualité pour vérifier la période concernée, les justificatifs recevables et l’éventuelle possibilité d’éviter la réduction.
Une fois vos déclarations sécurisées, vous pouvez anticiper la durée de votre indemnisation, particulièrement importante lorsque l’opération implique une rééducation ou une convalescence prolongée.
Pendant combien de temps maximum pouvez-vous percevoir des indemnités journalières ?
En Belgique, l’incapacité primaire couvre normalement la première année d’incapacité de travail reconnue. Au-delà de cette période, une invalidité peut être reconnue si les conditions médicales et administratives restent remplies. Les indemnités ne s’arrêtent donc pas automatiquement après douze mois, mais leur calcul et leur contrôle évoluent.
Durant l’incapacité primaire, l’indemnité d’un salarié est en principe fixée à 60 % du salaire journalier brut de référence plafonné. Des montants minimaux peuvent intervenir à partir du troisième mois, selon les règles applicables et, ensuite, la situation familiale.
Après un an, le calcul en période d’invalidité repose sur des pourcentages différents. La catégorie familiale reconnue devient déterminante.
| Situation | Période d’incapacité primaire | Période d’invalidité |
|---|---|---|
| Avec charge de famille | 60 % de la base de référence plafonnée | 65 % de la base de référence plafonnée |
| Isolé | 60 % de la base de référence plafonnée | 55 % de la base de référence plafonnée |
| Cohabitant | 60 % de la base de référence plafonnée | 40 % de la base de référence plafonnée |
Ces taux ne constituent pas une garantie de montant net. Les plafonds, les éventuels minima et les conditions propres à chaque période continuent de s’appliquer. La qualification familiale ne correspond pas nécessairement à la simple présence d’une autre personne au domicile : la mutualité doit déterminer la catégorie applicable.
Pour rester reconnu en incapacité de travail, il faut notamment remplir les critères médicaux liés à la réduction de la capacité de gain, généralement d’au moins deux tiers, et maintenir les conditions administratives d’ouverture du droit. La poursuite de l’indemnisation dépend des évaluations réalisées par les organismes compétents.
Il faut aussi distinguer la continuité de la reconnaissance médicale et l’ouverture d’un nouveau salaire garanti par l’employeur. Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle incapacité liée à la même affection, survenant dans les huit semaines suivant une période ayant donné lieu à un salaire garanti, ne déclenche en principe pas un nouveau salaire garanti complet. Des exceptions existent.
Une reprise de travail, même brève, ne signifie donc pas nécessairement que tous les droits repartent de zéro. Son impact doit être vérifié selon le type de reprise, la date de rechute et les règles applicables.
La durée possible des paiements ne suffit toutefois pas à organiser votre budget : les premiers mois comportent aussi des droits et obligations spécifiques à connaître.
Quels sont vos droits exacts pendant les 90 premiers jours d’arrêt maladie ?
Durant les 90 premiers jours d’arrêt maladie en Belgique, vous conservez des droits liés à votre contrat de travail tout en pouvant bénéficier d’une rémunération garantie, puis d’indemnités de la mutualité. Vos obligations comprennent la déclaration de l’incapacité, le respect des contrôles médicaux et la transmission des informations nécessaires à la reconnaissance de votre situation.
La période de 90 jours n’est pas un régime unique avec des droits identiques du premier au dernier jour. Elle rassemble plusieurs étapes qui dépendent de votre statut professionnel et de votre situation médicale.
Pour un employé en CDI remplissant les conditions habituelles, les 30 premiers jours sont normalement couverts par le salaire garanti à charge de l’employeur. À partir du 31e jour, la mutualité intervient si l’incapacité est reconnue et que les conditions d’indemnisation sont remplies.
Pour les ouvriers et certains employés sous contrat court, le passage à une intervention de l’assurance maladie-invalidité peut commencer plus tôt.
Votre contrat est en principe suspendu pendant l’incapacité, mais cette suspension ne signifie pas qu’il disparaît. L’employeur doit respecter les dispositions du droit du travail, notamment celles concernant les contrôles et la rupture du contrat.
Un arrêt maladie ne crée cependant pas une interdiction absolue de licenciement. Une rupture éventuelle doit respecter les règles générales et ne peut reposer sur une discrimination interdite. Les procédures spécifiques liées à l’inaptitude médicale doivent être distinguées d’un licenciement ordinaire. Il serait donc inexact de considérer que tout salarié dispose automatiquement de 90 jours de protection absolue contre un licenciement.
Les évaluations médicales peuvent également intervenir pendant les trois premiers mois. Le médecin traitant documente l’incapacité, le médecin-contrôleur de l’employeur peut vérifier les éléments relevant de sa mission et la mutualité apprécie la reconnaissance ouvrant droit à ses indemnités.
Si votre état s’améliore, une reprise progressive ou un travail adapté peut parfois être envisagé. Cette possibilité exige de respecter les formalités applicables auprès de la mutualité et les modalités de reprise avec l’employeur. Le cumul entre activité professionnelle et indemnités ne doit jamais être présumé libre ou intégral.
Dans le cas d’une intervention chirurgicale, il est utile de faire préciser par le médecin les restrictions fonctionnelles, la durée prévisible de récupération et les conditions médicales d’une éventuelle reprise. Ces informations permettent d’anticiper le dialogue avec les organismes concernés.
Après avoir identifié vos droits, il reste à mesurer leur conséquence financière concrète : combien vous manque-t-il chaque mois lorsque la mutualité devient votre seule source de revenu professionnel ?
Combien d’euros par mois perdez-vous réellement avec la mutualité seule ?
Avec un salaire habituel de 2 500 € net, votre perte mensuelle correspond à la différence entre ce revenu et les indemnités nettes effectivement versées par la mutualité. Impossible de donner une somme universelle à partir du salaire net seul : le calcul dépend de la base brute de référence, du nombre de jours indemnisables, des retenues et des autres revenus maintenus.
La méthode consiste à comparer deux montants réellement disponibles : votre rémunération nette habituelle et le paiement net attendu pendant un mois complet couvert uniquement par la mutualité.
Reprenons une hypothèse pédagogique, sans la présenter comme une situation réelle : votre salaire journalier brut de référence est de 150 €, ce qui donne une indemnité théorique de 90 € bruts par jour pendant l’incapacité primaire.
| Élément | Situation habituelle | Mutualité seule |
|---|---|---|
| Revenu mensuel de référence | 2 500 € net | À calculer après retenues |
| Indemnité journalière brute | Sans objet | 90 € dans cet exemple |
| Nombre de jours indemnisables | Sans objet | 26 jours hypothétiques |
| Montant mensuel brut | Non déduit du salaire net | 2 340 € |
| Montant mensuel net | 2 500 € | Dépend des retenues applicables |
| Perte nette mensuelle | Sans objet | 2 500 € moins l’indemnité nette réellement versée |
Le tableau montre pourquoi comparer directement 2 500 € net et 2 340 € bruts serait incorrect. Les deux montants ne sont pas exprimés sur la même base. Les indemnités peuvent faire l’objet de retenues et avoir des conséquences fiscales qu’il faut distinguer de leur paiement immédiat.
Votre revenu disponible peut aussi être affecté par la disparition temporaire de certains avantages ou primes. À l’inverse, un complément employeur ou une assurance revenu garanti peut réduire le manque à gagner.
Pour prévoir votre budget, additionnez les dépenses incompressibles de votre ménage : logement, remboursements de prêts, alimentation, assurances et éventuels frais liés à la convalescence. Comparez ce total non pas à l’indemnité brute annoncée, mais à l’estimation nette confirmée par la mutualité.
Si le manque à gagner dépasse votre marge de sécurité, examinez les garanties d’assurance déjà souscrites avant l’incapacité, les droits conventionnels et les possibilités d’adaptation de certaines échéances. Les contrats d’assurance peuvent contenir des exclusions, des franchises ou des délais d’attente.
Ne supposez pas non plus qu’une baisse temporaire des revenus augmente automatiquement vos prestations familiales ou donne droit à une exonération fiscale. Ces effets éventuels dépendent de régimes et de conditions distincts.
Si la récupération médicale se prolonge au-delà de la première année, il devient nécessaire de préparer les conséquences financières et administratives d’une éventuelle reconnaissance en invalidité.
À retenir avant une convalescence prolongée
- Une incapacité dépassant douze mois peut relever du régime d’invalidité, sous réserve d’une reconnaissance médicale et administrative.
- Le montant versé peut changer selon votre situation familiale et les plafonds applicables, même si votre état de santé reste identique.
- La continuité du suivi médical et des certificats permet de documenter l’évolution de votre capacité de travail et de préparer les évaluations.
Comment faire reconnaître votre invalidité pour toucher une rente dans la durée ?
En Belgique, l’invalidité relevant de l’assurance maladie-invalidité peut être reconnue après la première année d’incapacité de travail, si les critères médicaux et administratifs restent remplis. Les indemnités peuvent alors se poursuivre au-delà de douze mois. Il ne s’agit toutefois pas d’une rente à vie garantie : la reconnaissance peut être réévaluée et le droit dépend du maintien des conditions requises.
La première étape consiste à maintenir un dossier médical documenté pendant l’incapacité primaire. Le médecin traitant et, si nécessaire, les spécialistes décrivent l’état de santé, les limitations fonctionnelles, les traitements et les conséquences sur la capacité de travail.
La mutualité intervient dans la gestion du dossier et le contrôle médical pendant l’incapacité primaire. Le passage à l’invalidité relève des procédures de l’assurance maladie-invalidité, avec l’intervention des instances médicales compétentes de l’INAMI.
La reconnaissance suppose notamment une réduction suffisante de la capacité de gain et le respect des conditions légales. Une opération, même lourde, ne conduit pas automatiquement à une invalidité. Ce sont les limitations persistantes et les critères de reconnaissance qui importent.
Il faut également distinguer plusieurs mécanismes qui peuvent être confondus :
- L’invalidité de l’assurance maladie-invalidité : elle permet, sous conditions, le maintien d’indemnités après la première année d’incapacité.
- La pension légale : elle relève du système de pension et ne constitue pas automatiquement une rente d’invalidité accordée en raison d’une maladie.
- Les garanties d’assurances privées ou collectives : elles peuvent prévoir une rente ou une indemnisation complémentaire selon leurs propres critères contractuels.
En cas de reconnaissance de l’invalidité dans le régime des salariés, le pourcentage de référence devient en principe 65 % avec charge de famille, 55 % pour un isolé ou 40 % pour un cohabitant, sous réserve des limites légales applicables.
La reconnaissance peut être suivie de nouveaux examens médicaux. Le retour à une activité adaptée ou partielle peut être envisageable, mais il doit respecter les démarches et conditions prévues afin de déterminer l’effet sur les indemnités.
Si une décision refuse ou retire la reconnaissance, demandez sa notification écrite et ses motifs. Les possibilités et délais de contestation doivent être vérifiés sur cette décision auprès de la mutualité ou d’un service juridique compétent. Il est important de ne pas laisser expirer un délai de recours.
Pour une opération dont les suites sont difficiles à prévoir, conservez les comptes rendus, les certificats successifs, les recommandations de rééducation et les justificatifs attestant des limitations qui persistent. Ces pièces documentent votre situation sans préjuger de l’appréciation médicale finale.
La démarche la plus utile consiste à demander dès maintenant à votre mutualité une simulation écrite de vos indemnités après la période de salaire garanti, puis une estimation des montants susceptibles de s’appliquer si l’incapacité se prolonge. Vous disposerez ainsi d’un budget de convalescence fondé sur vos droits réels plutôt que sur une conversion approximative de vos 2 500 € net.
Avec 2 500 € net, vais-je automatiquement toucher 60 % de cette somme ?
Non. Les 60 % s’appliquent au salaire journalier brut de référence plafonné et non au salaire net mensuel. Pour connaître votre indemnité réelle, la mutualité doit déterminer la base légale retenue puis appliquer les éventuels plafonds, minima et retenues.
Une opération programmée donne-t-elle automatiquement droit au salaire garanti ?
Une opération peut entraîner une incapacité de travail ouvrant droit au salaire garanti si les conditions légales sont remplies. Ce droit dépend notamment du statut, du contrat et de la situation du salarié. Le certificat médical et le respect des obligations envers l’employeur restent essentiels.
La mutualité paie-t-elle également les samedis pendant l’arrêt maladie ?
Oui, le calcul de l’indemnité suit un régime de six jours indemnisables par semaine, du lundi au samedi. Le montant mensuel dépend donc du nombre exact de jours indemnisables dans le mois. Le dimanche n’est pas comptabilisé.
Que se passe-t-il si mon certificat médical est envoyé après mon hospitalisation ?
Des règles particulières existent pendant l’hospitalisation : l’INAMI prévoit que la déclaration à la mutualité n’est pas requise tant que vous êtes hospitalisé, mais qu’elle doit être effectuée immédiatement après la sortie. Les obligations envers l’employeur doivent être vérifiées séparément.
Le montant de mes indemnités peut-il diminuer après douze mois ?
Oui. Après un an d’incapacité reconnue, les taux de calcul passent en principe à 65 % avec charge de famille, 55 % pour un isolé et 40 % pour un cohabitant. Selon votre catégorie, le plafond salarial applicable et les éventuels minima, l’indemnité peut augmenter ou diminuer. Une simulation personnalisée est nécessaire pour connaître le montant net.